Faut-il un logiciel de comptabilité quand on est artisan d'art ?
Publié le 7 août 2026 • Par L'équipe ManoArt
Non. Dans l’immense majorité des cas, un artisan d’art n’a aucune obligation légale d’acheter un logiciel de comptabilité. En micro-entreprise comme en régime artiste-auteur, la loi demande un livre des recettes, pas une usine à écritures. Ce qui coûte cher, ce n’est pas l’absence de logiciel. C’est de confondre trois choses que le web mélange sans cesse : la comptabilité, la TVA et la facturation.
En 2026, les plafonds du régime micro ont été relevés à 203 100 € et 83 600 €, pendant que les seuils de franchise TVA sont restés bien plus bas après la loi du 3 novembre 2025. Résultat : on peut rester micro et devenir redevable de la TVA sans s’en apercevoir. Cet article tranche une seule question, celle de l’obligation. Quel outil choisir ensuite est une autre histoire, traitée dans notre comparatif des outils de gestion pour artisans d’art.
Ce que la loi impose vraiment, et ce n’est pas un logiciel
L’obligation comptable d’un artisan d’art ne dépend pas de son métier, mais de son régime fiscal. Un céramiste, un ébéniste ou un verrier peuvent relever de trois cadres très différents. Le tour ou l’établi n’y changent rien.
Premier piège, propre aux métiers d’art : le même travail peut relever de deux statuts. Vous vendez des objets ? Vous êtes sans doute artisan en micro-BIC. Vous créez des œuvres originales, signées, en pièce unique ? Vous pouvez relever du régime artiste-auteur, en BNC, rattaché à l’URSSAF. Beaucoup de céramistes et de textiles hésitent, à juste titre, entre les deux.
Les obligations qui en découlent sont légères. En micro-BIC, la loi impose un livre des recettes chronologique et un registre des achats pour les ventes de biens. En micro-BNC artiste-auteur, le livre des recettes suffit, sans registre des achats. Aucun bilan, aucun compte de résultat. Détail qui surprend souvent : l’artiste-auteur échappe même à l’obligation de compte bancaire dédié qui pèse sur le micro-entrepreneur au-delà de 10 000 € de recettes deux années de suite.
| Régime | Obligation comptable légale | Logiciel de comptabilité requis ? |
|---|---|---|
| Micro-BIC (artisan / commerçant) | Livre des recettes + registre des achats (ventes de biens) | Non |
| Micro-BNC (artiste-auteur) | Livre des recettes seul | Non |
| Régime réel / déclaration contrôlée | Comptabilité complète (livre-journal, grand livre, bilan ou liasse 2035) | De fait, oui |
| Société (SASU, EURL) | Comptabilité commerciale + comptes annuels | De fait, oui |
En 2026, aucun texte n’impose à un artisan d’art en micro-entreprise d’acheter un logiciel de comptabilité. La loi exige un livre des recettes chronologique, plus un registre des achats pour les ventes de biens. L’obligation lourde n’apparaît qu’au régime réel ou en société.
Comptabilité, caisse, facturation : trois logiciels qu’on vous mélange
Quand on demande « faut-il un logiciel », on parle en réalité de trois outils que la loi ne traite pas de la même façon. Un pour la comptabilité, un pour l’encaissement, un pour la facturation. Les confondre mène soit à surpayer, soit à une amende.
Commençons par le malentendu le plus fréquent. Le plafond du régime micro et le seuil de franchise TVA sont deux lignes distinctes. En 2026, un céramiste peut vendre 90 000 € de pièces : il reste loin sous le plafond micro de 203 100 €, mais il a franchi le seuil de franchise TVA de 85 000 € pour les ventes de biens. Conséquence directe : il facture désormais la TVA, la déclare, la suit. Sans pour autant tenir une comptabilité au sens strict. Vous voyez le piège ?
Deuxième outil, le logiciel de caisse certifié. Il n’est pas obligatoire pour tout le monde, contrairement à une idée tenace. Un micro-entrepreneur en franchise TVA n’est pas concerné. L’obligation se déclenche seulement pour un assujetti à la TVA qui encaisse des particuliers via un système de caisse informatisé, cas typique du stand de marché ou de la boutique d’atelier. L’outil doit alors être conforme, sous peine d’une amende de 7 500 € par logiciel. La loi de finances 2026 a rétabli l’attestation de l’éditeur comme preuve valable.
Troisième outil, la plateforme de facturation électronique. Elle, personne n’y échappera. Dès septembre 2026, tout assujetti doit pouvoir recevoir ses factures fournisseurs au format électronique ; l’émission suivra pour les petites structures en 2027. C’est une obligation de canal, pas de comptabilité.
| « Logiciel » | Ce qu’il fait | Obligatoire pour l’artisan d’art ? |
|---|---|---|
| Logiciel de comptabilité | Enregistre les écritures comptables | Non en micro |
| Logiciel de caisse certifié | Sécurise l’encaissement de particuliers | Seulement si redevable TVA et encaissement via système de caisse |
| Plateforme de facturation agréée | Émet et reçoit les factures électroniques | Réception dès sept. 2026, émission en 2027 |
Le plafond du régime micro (203 100 € ou 83 600 € en 2026) ne se confond pas avec le seuil de franchise TVA (85 000 € ou 37 500 €). On peut rester micro-entrepreneur et devenir redevable de la TVA. C’est la confusion la plus coûteuse de l’atelier, et personne ne l’explique clairement.
Quand une vraie comptabilité devient nécessaire
La comptabilité complète devient obligatoire dès qu’on quitte le régime micro. Deux portes y mènent : le dépassement des seuils deux années de suite, ou le choix volontaire du réel pour déduire ses charges. À partir de là, un logiciel de comptabilité et souvent un expert-comptable prennent tout leur sens.
Au régime réel, l’artisan tient un livre-journal, un grand livre, produit un bilan et un compte de résultat. L’artiste-auteur, lui, bascule en déclaration contrôlée au-delà de 83 600 € de recettes : comptabilité détaillée, liasse 2035, registre des immobilisations. En société, SASU ou EURL, la comptabilité commerciale et les comptes annuels sont dus dès le premier euro. Gérer seul devient alors risqué. Et rappelez-vous : le dirigeant reste responsable de l’exactitude des comptes, même s’il délègue à un tiers.
De quoi votre atelier a réellement besoin
Un logiciel de comptabilité enregistre le passé : ce qui a déjà été vendu, encaissé, dépensé. Or ce qui manque le plus à l’artisan d’art se joue en amont. Fixer un prix qui couvre la freinte et l’amortissement. Savoir quel taux de TVA appliquer. Cadrer ses CGV. Anticiper ses échéances URSSAF.
| Votre situation | Obligation légale | Outil pertinent |
|---|---|---|
| Micro-BIC ou artiste-auteur en franchise TVA | Livre des recettes (+ registre des achats en BIC) | Un tableur conforme ou un copilote suffit |
| Micro + redevable de la TVA + encaissement de particuliers | Suivi TVA, facturation conforme, caisse conforme si système de caisse | Outil de facturation conforme, appui à la décision en amont |
| Régime réel ou déclaration contrôlée | Comptabilité complète | Logiciel de comptabilité + expert-comptable |
| Société (SASU, EURL) | Comptabilité commerciale, comptes annuels | Logiciel de comptabilité + expert-comptable |
C’est précisément là que se situe ManoArt. Pas un logiciel de comptabilité, pas une caisse, pas une plateforme agréée pour la facturation. Un copilote qui vous aide à préparer vos décisions en amont, et génère des maquettes de documents que vous ferez valider par votre conseil. Il vous aide à fixer un prix qui tient, à situer votre TVA et à cadrer vos conditions de vente : l’outil travaille avant la facture, jamais à sa place.
Pour comparer ce que proposent les outils de gestion pour artisans d’art du marché, notre comparatif détaille qui fait quoi, et qui reste honnêtement absent sur la facturation agréée.
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Questions fréquentes
Un logiciel de comptabilité est-il obligatoire pour un auto-entrepreneur ? Non. En micro-entreprise, la loi impose seulement un livre des recettes, et un registre des achats pour les ventes de biens. Aucun texte n’oblige à acheter un logiciel de comptabilité ni à recourir à un expert-comptable tant qu’on reste au régime micro.
Peut-on gérer sa micro-entreprise d’artisan d’art avec Excel ? Oui, légalement. Un tableur qui consigne chaque encaissement de façon chronologique et inaltérable respecte l’obligation du livre des recettes. Ses limites apparaissent surtout au moment du suivi de la TVA, du calcul des prix et des échéances, où l’erreur manuelle coûte du temps et de l’argent.
Quand faut-il prendre un expert-comptable quand on est artisan d’art ? Dès le passage au régime réel, à la déclaration contrôlée ou en société. La production d’un bilan, d’un compte de résultat ou d’une liasse 2035 demande une compétence que peu d’artisans ont le temps d’acquérir. En micro, l’accompagnement reste facultatif.
L’artiste-auteur a-t-il les mêmes obligations qu’un micro-entrepreneur ? Non. L’artiste-auteur relève des bénéfices non commerciaux (BNC), tient un livre des recettes sans registre des achats, et n’est pas soumis à l’obligation de compte bancaire dédié. Ses cotisations passent par l’URSSAF Artistes-Auteurs, avec un calcul distinct du régime micro classique.
Franchir le seuil de TVA me fait-il perdre le statut micro ? Non. Les deux mécanismes sont indépendants. On peut dépasser le seuil de franchise TVA, donc facturer la TVA, tout en restant micro-entrepreneur tant que le chiffre d’affaires reste sous le plafond du régime (203 100 € ou 83 600 € en 2026).
Sources
- Service Public (DILA), « Quels sont les nouveaux seuils de la micro-entreprise ? », 26 février 2026. URL : https://entreprendre.service-public.gouv.fr
- economie.gouv.fr (DGFiP), « Micro-entreprise : dépassement des seuils de chiffre d’affaires », 2026. URL : https://www.economie.gouv.fr
- Service Public (DILA), « Artiste-auteur : fiscalité (BNC, TVA, CFE) », 20 février 2026. URL : https://entreprendre.service-public.gouv.fr
- Urssaf, « 2026 : modification des seuils de chiffre d’affaires », 20 février 2026. URL : https://www.autoentrepreneur.urssaf.fr
- Légifrance, « Loi n° 2025-1044 du 3 novembre 2025 » (seuils de franchise en base de TVA). URL : https://www.legifrance.gouv.fr
- BOFiP / CGI, articles 286 I 3° bis (logiciel de caisse) et 293 B (franchise en base). URL : https://bofip.impots.gouv.fr
Avertissement : Les informations présentées dans cet article sont fournies à titre informatif et pédagogique pour accompagner la réflexion de l’artisan. Elles ne remplacent en aucun cas l’avis personnalisé d’un expert-comptable, d’un conseiller fiscal ou d’un avocat spécialisé.
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